jeudi 26 février 2015

Allergies Alimentaires du Chien

Allergies Alimentaires du Chien 






Lorsque l’organisme ne tolère pas un aliment, il peut réagir par des troubles digestifs. Un exemple d’intolérance est la mauvaise digestion du lactose. Une véritable allergie implique une réaction de type immunitaire.
Les affections d’origine allergique de l’appareil digestif résultent du contact d’un allergène avec les cellules de surface de l’intestin. On observe l’apparition d’urticaire, d’œdème et de diarrhées. Les allergies aux aliments peuvent provoquer des affections gastro-intestinales, mais également des affections cutanées et des troubles respiratoires ou nerveux : 1 % de l’ensemble des affections cutanées et 10 % des dermatoses d’origine allergique sont dues à des allergies aux aliments. Notons au passage que, sur ces chiens présentant une dermatose liée à une allergie alimentaire, 15 % sont également atteints de troubles digestifs.
Le constituant précis ayant déclenché l’allergie est souvent difficile à définir. Des bactéries non pathogènes ou des champignons, qui peuvent se trouver aussi bien dans les aliments que dans l’eau de boisson, peuvent en être responsables. Les aliments souvent mis en cause sont variables : le lait, le bœuf, les céréales, le poisson, les œufs, le porc.

Les allergies à signes cutanés

Les dermatites dues à des allergies d’origine alimentaire se présentent sous diverses formes, mais le prurit est constant (100 % des cas). Celui-ci est souvent localisé à la face et aux extrémités des membres et l’éruption survient quelques heures après l’ingestion de l’aliment. On peut également observer des papules et des otites externes.
On note un érythème papuleux très prurigineux de l’abdomen, de la face et des membres, pouvant se compliquer en pyodermite, et en lésions de grattage. Un autre symptôme a été décrit : le syndrome rubra-pilaire, qui se manifeste par la coloration rouge des poils interdigitaux (liée à un excès d’indican), accompagnée d’eczéma et de prurit. Ce syndrome est souvent dû à un régime tout viande ou à l’ingestion de viande de mauvaise qualité.
Il n’y a pas de prédisposition de race, d’âge ou de sexe. L’âge au début des lésions est très variable. L’hypersensibilité peut atteindre des animaux de moins de 6 mois. Il semble que l’allergie ne se manifeste qu’après plusieurs mois, voire plusieurs années de contact avec l’allergène : pour la majorité des cas décrits, l’ingestion de la substance incriminée a débuté plus de 2 ans auparavant, et il est très rare que les propriétaires signalent un changement récent du régime avant l’apparition des signes cliniques. Les principales causes d’allergie connues chez le chien sont les protéines de la viande de bœuf, du soja, du lait, ainsi que les protéines des céréales.
Les dermatites d’origine allergique peuvent être accompagnées de troubles digestifs (vomissements, diarrhée chronique aqueuse ou hémorragique). Une hypersensibilité aux aliments peut être une cause de colite caractérisée par une diarrhée mucoïde ou hémorragique, intermittente ou persistante. Toutefois, les manifestations digestives de l’allergie alimentaire sont rares chez le chien.
La réaction allergique est due à une sensibilité individuelle ; c’est pourquoi une diarrhée observée chez plusieurs chiens, dans un chenil, ne peut en aucun cas être due à une allergie aux aliments.

Le diagnostic des allergies alimentaires

Le diagnostic d’une allergie alimentaire doit se faire en éliminant les autres causes de signes cutanés : les parasitoses (gale sarcoptique cheyletiellose, trombiculose…), la DAPP (dermatite allergique par piqûre de puce), la dermatite de contact, les pyodermites extensives ou la dermatite miliaire.
Des informations précises concernant les habitudes alimentaires de l’animal permettent de définir une source protéique et une source d’hydrates de carbone qu’il n’aurait encore jamais ingérées. Pour trouver l’aliment qui entraîne une allergie, il faut procéder à un régime d’élimination : l’animal ne boit que de l’eau. Les jouets ou les os mâchonnés habituellement doivent être retirés. Aucune « gâterie », aucun complément vitaminique ou minéral n’est autorisé pendant la durée du régime. Celui-ci doit durer de 3 à 4 semaines.
Pour parler d’allergie alimentaire, l’amélioration du prurit et des lésions à la fin du régime doit être d’au moins 75 %. Si l’amélioration n’est que partielle, on poursuivra le régime 1 à 2 semaines. Si cela n’apporte aucun mieux, il faudra envisager une autre hypersensibilité. La confirmation du diagnostic se fait en réintroduisant les aliments du régime initial à raison d’un composant différent tous les 8 jours. Quand l’aliment responsable est à nouveau rencontré, il y a réapparition ou exacerbation du prurit en 48 à 72 heures (quelquefois en 6 à 7 jours).

Traitement et prévention des allergies alimentaires

Pour lutter contre les allergies d’origine alimentaire, le seul traitement possible, mis à part l’utilisation des corticoïdes, est un traitement diététique qui consiste à éviter tout contact avec l’allergène. Cela suppose qu’on l’ait identifié au préalable. On va donc dans un premier temps soigner les lésions cutanées, puis, après avoir imposé au chien un jeûne de 48 heures, instaurer un régime hypo allergisant.
Ce régime, à base de riz et de poulet bouilli, additionné de vitamines, servi avec une eau minérale pour eau de boisson, sera administré au moins un mois. Si l’allergie était effectivement d’ordre alimentaire, les symptômes auront régressé après 3 semaines à 1 mois. On pourra alors procéder à la recherche de l’aliment allergisant (voir plus haut, « Le diagnostic des allergies alimentaires).
Dans le cas du syndrome rubra-pilaire, le traitement diététique consiste à diminuer la part de viande au profit des légumes pour apporter de la cellulose et à donner un complément minéral et vitaminé.